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LE PARC
Le Parc Forestier et Zoologique de Hann a été crée en 1903, d’abord sous
la forme d’un jardin public relevant du service de l’agriculture ; il a
une vocation socio-éducative récréative et scientifique.
Situé en plein cœur de Dakar, il est ouvert au public et constitue :
• un havre de paix et de verdure pour les
promenades pédestres
• un cadre idéal pour la pratique du sport comme
le jogging, l’équitation et la pétanque
• un lieu de récréation pour les enfants
• un complexe naturel de formation et de
recherche, aussi bien sur la flore que sur la faune, pour les élèves,
étudiants et autres passionnés de sciences naturelles
Historique
Le Parc Forestier de Hann doit son existence à des raisons multiples
dont la principale fut le besoin en eau douce de Gorée et Dakar. En
effet, face à l’acuité du problème d’eau, Hann situé dans une zone
marécageuse et proche de Dakar, retint l’attention des autorités qui
commencèrent à forer des puits dès 1900.
1903 : le Gouverneur MERLIN décida de créer dans cette zone un
jardin public et une pépinière (jardin d’essai) commune à toutes les
colonies de l’A.O.F. La superficie d’alors était de 73 hectares.
1904 : une "Station Centrale Agronomique" est aménagée.
1908 : le jardin d’essai est transformé en "Station forestière de
Hann".
1912 : les essais d’introduction de nouvelles espèces
continuèrent avec un personnel de 18 manœuvres, un chef jardinier, un
contremaître et un directeur ; 8500 cocotiers du Dahomey (actuel Bénin),
3500 Eucalyptus et 1500 filao étaient entretenus dans le Parc.
1914 -18 : les marécages sont comblés ; le carré fruitier est
aménagé, des plantations de bananes, d’ananas, d’agrumes, etc. sont
mises en place.
1921 : le Service Local de l’Agriculture de la Circonscription de
Dakar est crée. La Station forestière est rattachée au Gouverneur
Général. A la fin de cette même année, elle changea de nom et devint
"Station de Cultures Maraîchères, Fruitières et Forestières".
1933 : la production fruitière et forestière est la principale
activité du Parc. Le NIAOULI (Melaleuca leucadendron L.) est introduit
pour reboiser le long des marais où le milieu est saumâtre.
1934 : un arrêté changea l’ancienne dénomination en "Jardin des
Parcs de Hann". Un carré botanique est tracé, des allées de tulipiers et
flamboyants sont plantées et un parc zoologique est en début
d’aménagement.
1935 : l’Aquarium est construit et le Parc zoologique commence à
fonctionner.
1937-40 : le jardin continue sa vulgarisation maraîchère,
fruitière et forestière. Lors du bombardement de Dakar en 1940, il
devint le lieu de refuge des dakarois. Une bonne partie des collections
vivantes fut alors saccagée.
1941 : plus précisément le 29 août, le Parc est classé Parc
Forestier et Zoologique. Il est géré en partie par le service forestier
mais, le Parc zoologique relève lui du Service de l’Elevage. Les plants
produits au niveau de la pépinière sont maintenant destinés au
reboisement et à l’embellissement de la région Dakaroise.
1947 : l’arboretum est créé. Il avait pour tâche, en plus du
développement des espèces locales de l’A.O.F., d’acclimater des plantes
de toutes les régions du globe.
1953 : le Parc Forestier et Zoologique de Hann était non
seulement un lieu de promenade mais aussi un outil de travail avec 400
espèces environ pour les personnes qui s’intéressent à la botanique, à
la restauration de la végétation de l’Afrique Occidentale Française.
1959 : l’ensemble est géré par le Service Forestier jusqu’en 1973
année où la gestion du Parc zoologique est confiée à la Direction des
Parcs Nationaux.
1974 : elle revient sous la tutelle de la Direction des Eaux,
Forêts, Chasses et de la Conservation des Sols.
Cadre biophysique
Le Parc forestier et zoologique de Hann se trouve dans la région de
Dakar, à 6 km environ du centre ville. Il est situé dans le bloc
délimité par la route des Pères Maristes à l’ouest, les rails du chemin
de fer à l’est, la route passant de l’école des Maristes à l’ I.T.A.
(Institut de Technologie Alimentaire) au nord et la route du front de
Terre au sud.
Il s’étend sur 60 hectares environ. Ses coordonnées géographiques sont
14°40’30’’N et 17°25’20’’W avec une altitude de 5 m.
La saison des pluies y dure 3 mois environ. La hauteur moyenne annuelle
des pluies varie entre 189,40 mm et 496,15 mm
Les températures moyennes annuelles se situent entre 23,7 °C et 25 °C
avec des minima variant entre 21 °C et 21,6 °C, les maxima entre 28,4 °C
et 30 °C. La proximité de la nappe phréatique et surtout l’influence de
l’alizé atténuent les maxima de température et le déficit hygrométrique
durant la saison sèche.
Dans le Parc de Hann, on rencontre principalement deux types de sols
appartenant à la classe des sols évolués sur place. Il s’agit :
• des sols ferrugineux peu lessivé (sols Dior)
• et des sols hydromorphes (série des Niayes).
Actuellement, trois cent dix-sept espèces (Index seminum, 2001)
provenant de différentes zones phytogéographiques sont présentes dans le
Parc. Il renferme une faune assez abondante et diversifiée. Les
spécimens recensés au niveau du Parc zoologique sont au nombre de 134 et
se répartissent en carnivores, herbivores, reptiles, oiseaux, primates,
suidés et rongeurs.
Cadre institutionnel et juridique
Organisation de la Direction des Parcs Forestier et Zoologique de
Hann
Elle est placée sous l’autorité directe du Directeur des Eaux, Forêts,
Chasse et de la Conservation des Sols. Elle a pour mission de
sauvegarder, de restaurer et d’assurer la promotion des Parcs Forestier
et Zoologique. Dans ce sens, elle conduit des aménagements appropriés à
leur vocation socio-éducative, scientifique, culturelle et touristique.
Sur le plan organisationnel, la Direction des Parcs Forestier et
Zoologique comprend outre la direction, un service administratif
(Secrétariat, Comptabilité et personnel) et un service technique
comprenant le Parc forestier, le Parc zoologique, le Service d’entretien
et de gardiennage.
Aspects juridiques
Le Parc Forestier de Hann est classé suivant arrêté n°3042 du 29 juillet
1941. Il a donc un statut de forêt classée. Parmi les différents textes
de loi portant sur sa protection, on peut noter le code forestier, le
code de la chasse et de la protection de la faune et le code de
l’environnement.
Le Parc dispose d’une caisse intermédiaire de recette forestière (CIRF)
créée par arrêté n°0732/MEF/DGT/TG du 29 janvier 1983 modifié par arrêté
n°001452/MEF/DGT/TG du 5 février 1990. Cette CIRF est alimentée
essentiellement par les recettes issues du paiement des tarifs de permis
de visite du zoo qui sont fixés par décret n°86-1315 du 28 octobre 1986
complété par le décret n°87-001 du 6 janvier 1987.
La CIRF est gérée par un régisseur nommé par décision du Ministre de
l’Economie et des Finances.
Planification et suivi du développement des PFZH
Toute politique à mener dans le Parc doit se référer aux outils
stratégiques que sont le PNAE, le PAN/LCD, la stratégie nationale et le
plan national d’action pour la conservation de la biodiversité, le PAFS
; et à diverses conventions internationales parmi lesquelles la
convention pour la diversité biologique, la convention sur la
désertification, la CITES, la convention de Bonn et la convention de
Ramsar.
Etats des lieux
Parc forestier
Lieu privilégié de promenade, de relaxation entre autres, il se trouve
actuellement dans un état de dégradation, de dépérissement très avancée.
Les principaux maux dont souffre le Parc sont décrits par rubriques
ainsi qu’il suit :
Le carré botanique
Il a été mis en place en 1934. L’abandon de toute activité de suivi et
d’entretien ces dernières années au niveau du carré botanique a entraîné
la disparition progressive des collections botaniques vivantes et les
plaques d’identification des espèces végétales n’existent plus.
Le carré fruitier
Cette zone d’un hectare environ a été aménagée pour l’introduction
d’espèces fruitières. On y rencontrait des plantations de bananes,
d’ananas, d’agrumes, de manguiers, de cocotiers, etc. Laissé à
l’abandon, les différentes plantations fruitières ont disparu et cet
espace est maintenant colonisé par des espèces forestières.
La pépinière
La pépinière garde toujours sa vocation pour la satisfaction des besoins
en plants destinés au reboisement et à l’embellissement de la région
Dakaroise. Elle est cogérée par l’Inspection Régionale des Eaux et
Forêts de Dakar, et la direction des Parcs. Environ deux à trois
millions de plantes sont annuellement produites.
Le domaine des plantations / Arboretum
C’est ce qui donne au PFZH son appellation de “poumon vert”. On y
rencontre des aires de plantations mono spécifiques, mixtes en essences
exotiques pour la plupart et des espaces naturels.
C’est le lieu privilégié des botanistes, des sportifs, etc. Mais ce
domaine régresse considérablement à cause en grande partie des
inondations permanentes qu’il subit par défaut d’évacuation des eaux de
pluies.
Par ailleurs, l’absence d’un aménagement forestier conséquent ou la non
conduite d’opérations sylvicoles simples mais soutenues, régulières ont
entraîné par endroit une forte densité d’arbres, une accumulation
excessive de la litière empêchant une régénération naturelle, un
vieillissement des peuplements (dépassement âge d’exploitabilité, ...).
Les parterres gazonnés et aires de jeux
Des parterres gazonnés sont aménagés pour permettre aux visiteurs de se
détendre. Au niveau des aires de jeux pour enfants, les équipements
n’existent plus.
L’aquarium
Il a été crée en 1935 pour les populations urbaines. Il était riche en
espèces aquatiques. Il se trouve dans un état délabré depuis quelques
années.
Infrastructures et équipements
De nombreuses pistes qui parcouraient le Parc forestier se sont
refermées faute d’entretien. Les routes sont vétustes, elles sont
complètement dégradées et n’existent même plus par endroit.
L’installation de projets forestiers (PADF, PGCRN, PROGEDE, PRODEFI,
...), d’habitations et de garage ont considérablement réduit les
superficies boisées du Parc qui abrite aussi la DEFCCS.
Le plan d’eau
Il est situé vers la partie est du Parc qui est une zone de dépression.
Suite à la stagnation de l’eau résultant de la non évacuation des eaux
de pluies, le plan d’eau s’est formé. La construction d’habitations dans
la zone tampon en est la principale cause car entraînant l’obstruction
du réseau d’évacuation des eaux.
Parc zoologique
Présente une situation de dégradation semblable à celle du Parc
forestier. Dans certains cas, elle est même plus accentuée à cause des
êtres vivants qu’il renferme.
Le Parc s’étend sur sept (7) hectares mais, sur cette superficie seuls
quatre (4) hectares sont aménagés. Les pensionnaires du zoo vivent soit
dans des cages, fosses, enclos ou volières. D’après le recensement de
juillet 2002, ils sont au nombre de cent trente quatre..
L’alimentation des pensionnaires du zoo est très variée. Des rations
équilibrées et complètes sont distribuées régulièrement pour les
maintenir à un niveau satisfaisant d’animaux en captivité. Des
oligo-éléments et des vitaminoses sont ajoutés à l’alimentation pour
parer à une carence éventuelle.
Des opérations de déparasitages et de vaccination sont régulièrement
menées. Les cages et les enclos sont quotidiennement aseptisés et
l’ensemble du Parc est souvent traité pour lutter contre les insectes
vecteurs de maladies.
Moyens
Moyens humains
a) personnel technique d’encadrement :
• 1 ingénieur des Eaux et Forêts, Directeur des
PFZ
• 1 ingénieur des Travaux des Eaux et Forêts,
Adjoint DPFZ
• 2 agents techniques des Eaux et Forêts (1
responsable du zoo et de la caisse intermédiaire des recettes
forestières ; 1 responsable du personnel)
• 2 agents techniques horticoles (1 responsable
du parc forestier ; 1 faisant office de gestionnaire)
• 1 agent technique d’élevage, responsable santé
animale du zoo
b) personnel administratif
• 1 secrétaire sténo dactylographe
• 1 comptable (contractuel)
c) personnel d’entretien et de surveillance
Le personnel contractuel recruté sur fonds forestier national est
réparti comme suit :
• 18 gardiens
• 2 pépiniéristes
• 2 guichetiers
• 13 manœuvres contractuels dont 08 animaliers
• 6 ouvriers de bâtiments
• 3 mécaniciens
Moyens financiers
a) Le Budget
Les Parcs Forestier et Zoologique bénéficient du budget général et du
Fonds Forestier National (FFN).
Le budget de fonctionnement se chiffre actuellement à 2 692 000 F CFA.
Il a considérablement baissé depuis 1992. Comme le montre le tableau II,
une réduction de plus de 18 % a été constatée. Cette réduction a eu
comme impact le manque d’entretien du parc forestier et des difficultés
pour nourrir les pensionnaires du parc zoologique entraînant ainsi un
net déclin du Parc de Hann.
b) Les Recettes
Les recettes proviennent d’une part des visites du parc zoologique et
d’autre part de la location du poney-club et de la buvette. Tous ces
fonds sont intégralement versés au trésor public.
Moyens matériels
Logistique
Le Parc de Hann dispose de deux véhicules, une 4x4 Toyota Runner et une
Pick-up qui sont dans un état passable.
Le parc dispose également de matériels divers composés de matériels de
contention et de clinique vétérinaire de soudure pour la réfection des
cages métalliques d’entretien du domaine des plantations et de la
pépinière et des espaces verts.
Sites limitrophes
L’implantation du Laboratoire National de l’Elevage, du Centre National
de Recherche Forestière et de la Direction Générale de l’Hydraulique ont
affecté la superficie du Parc Forestier de Hann qui ne compte
actuellement que 60 hectares environ sur 80 hectares auparavant.
En outre, la construction d’habitations dans la zone tampon a anéanti
toutes possibilités d’extension du Parc.
De plus, la devanture du Parc est occupée par des garages, des
restaurants et des buvettes. Ces installations ne disposent pas pour la
plupart d’autorisation.
Acteurs et utilisateurs
Certaines associations de jeunes viennent régulièrement camper dans le
Parc. Elles interviennent dans le nettoiement, le reboisement et la
préparation de plants dans la pépinière. Nous pouvons citer l’exemple de
l’association Sukyo Mahicary qui y séjourne deux fois par an et qui a
beaucoup travaillé dans l’entretien du carré botanique.
Les utilisateurs sont nombreux et variés. Des milliers d’élèves et
d’étudiants visitent le Parc en quête de connaissance sur la flore et la
faune. D’autres personnes visitent le Parc pour la pratique de sports
comme le jogging, la pétanque et l’équitation (le Poney-club), pour la
promenade, la détente loin du bruit et de la pollution urbaine et des
aires de jeux ont été également aménagées pour les enfants.
Rôles et fonctions
Rôles
Le Parc forestier de Hann joue de nombreux rôles :
• un rôle éducatif car il constitue un centre de
recherche scientifique pour les institutions et organismes comme l’UCAD,
l’ISRA/DRPF, l’IRD, l’EISMV pour l’amélioration des connaissances dans
les domaines végétal et faunique, certaines écoles de formation y
envoient aussi des élèves et étudiants pour des stages de formation ;
• un rôle récréatif en permettant à des personnes
de faire du sport, de se promener ou de se détendre ;
• un rôle dans le maintien de l’équilibre
psychique en offrant à certains malades la possibilité de se promener
dans les bois (cures d’air pur, calme visuel, le silence) ;
• il participe de temps à autre à la résolution
de la crise énergétique en fournissant à certaines personnes du bois
d’énergie.
Fonctions
Le Parc a surtout une fonction écologique en intervenant dans la lutte
contre la pollution et dans l’amélioration du cadre de vie. Il remplit
également une fonction socio-éducative, culturelle et économique.
Opportunités
Le Parc forestier de Hann présente de nombreuses opportunités :
• proche du centre, il se trouve dans une zone
dont l’accès est facile pour les populations urbaines ;
• sa végétation, constituée essentiellement
d’arbres de grande taille sur une superficie de 60 hectares, joue une
rôle important dans la ré oxygénation de la ville de Dakar par la
séquestration du carbone provenant des gaz lâchés par les industries
polluantes et les véhicules ;
• ces arbres constituent également des reposoirs
ou nichoirs pour les milliers d’oiseaux qui transitent ou y vivent ;
• il dispose d’une pépinière dont la production
annuelle (2 à 3 millions de plants) est non négligeable. Ces plants sont
destinés aux campagnes de reboisement et à l’embellissement de la ville
de Dakar ;
• le Parc forestier de Hann est membre des
associations mondiale et panafricaine des jardins botaniques et
zoologiques, ce qui lui permet d’échanger des revues, des informations
sur leur état, leur fonctionnement, etc.
• l’approche participative qui est une stratégie
développée ces dernières années par la Direction des Eaux et forêts
devrait permettre à la direction des Parcs forestier et zoologique de
Hann d’impliquer les populations riveraines et les collectivités locales
dans l’aménagement et la gestion du Parc.
Perspectives
Jadis florissants et luxuriants, les Parcs forestier et zoologique de
Hann sont en net déclin. Leur revalorisation s’impose et passe par
l’autonomie de gestion, le développement de la vocation socio-éducative,
le renforcement des capacités et le développement de relations avec
d’autres structures.
Conclusion
Les Parcs Forestier et Zoologique sont utiles et doivent être maintenus
à tout prix. Pour cela, il faut mettre en place des réformes audacieuses
allant dans le sens d’un modèle de gestion autonome surtout sur le plan
financier, de la réhabilitation des équipements et infrastructures, et
de la restauration des espaces boisés pour mieux répondre aux exigences
d’une vocation socio-éducative.
Source: Site officiel du
Ministère de
l’Environnement, de la Protection de la nature, des Bassins de rétention
et des Lacs artificiels (2009)
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